Archives de Catégorie: Littérature française

Elle s’appelait Sarah de Tatiana de Rosnay

Oh, je sais que ce billet ne sera pas le premier que vous lisez sur l’un des best sellers de ces derniers mois… Tant pis, il faut tout de même que je vous parle de ce roman qui rentre directement dans ma catégorie « coup de cœur ».

J’aime particulièrement les romans sur fonds d’événements historiques et j’ai donc été totalement conquise par cette histoire. L’alternance des passages de la vie de Sarah et celle de Julia s’harmonise parfaitement. Je suis, moi aussi, partie à la recherche de ce passé trouble de cette famille française, finalement comme les autres… Je découvrais également l’écriture de Tatiana de Rosnay et n’ai pas été déçue. Je pense tenter l’aventure avec un prochain roman… Si vous avez des suggestions, je prends !

 Après avoir vu l’année dernière le film « La Rafle », j’ai été contente de lire ce roman bien documenté sur ces moments bien troubles de notre histoire. Car finalement la Rafle du Vel’ d’Hiv est assez peu connue… Et pourtant… Pour information, je n’ai pas voulu voir le film avant de lire ce livre. Rien que de savoir que le personnage de Julia était joué par la grande Kristin Scott-Thomas m’a influencé… Mais maintenant, je vais penser à louer le dvd….

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La Promesse de l’aube de Romain Gary

Ça y est, je me suis lancée dans la lecture de Romain Gary avec La Promesse de l’Aube. Je ne savais rien de l’auteur, de l’homme comme de l’œuvre. La Promesse a été une belle découverte pour moi sur le plan littéraire mais également historique. Suivre les pas de cet homme, engagé dans une Histoire bien plus grande que la sienne, et poussé par l’amour indéfectible d’une mère à l’amour exclusif. J’ai bien conscience que je suis entrée dans l’écriture de Gary dans une période où je n’étais pas spécialement réceptive… J’ai d’ailleurs mis un mois pour lire l’ouvrage ; la honte ! De nombreux passages m’ont marqué et je voulais vous en faire partager un spécialement :

Il s’appelait Bouquillard et, à trente-cinq ans, était de loin notre aîné. Plutôt petit, un peu voûté, coiffé d’un éternel béret, avec des yeux bruns dans un long visage amical, son calme et sa douceur cachaient une de ces flammes qui font parfois de la France l’endroit du monde le mieux éclairé.

Il devint le premier « as » français de la bataille d’Angleterre, avant de tomber après sa sixième victoire, et vingt pilotes debout dans la salle d’opérations, les yeux rivés à la gueule noire du haut-parleur, l’entendirent chanter jusqu’à l’explosion finale le grand refrain français, et alors que je griffonne ces lignes, face à l’Océan, dont le tumulte a couvert tant d’autres appels, tant d’autres défis, voilà que le chant monte tout seul à mes lèvres et que j’essaye de faire renaître ainsi un passé, une voix, un ami, et le voilà qui se lève à nouveau vivant et souriant à côté de moi et il me fait toute la solitude de Big Sur pour lui faire de la place.

Il n’a pas sa rue à Paris, mais pour moi toutes les rues de France portent son nom

 

Merci à Delphine qui est à l’origine de cette découverte, via sa passion pour cet auteur, ses articles sur son blog et l’envoi de Tombeau de Romain Gary, écrit pas Nancy Huston.

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Le Testament d’Olympe – Chantal Thomas (Seuil)

 Chez moi, on dit « faute avouée est à moitié pardonnée »… Alors voilà, je n’avais jamais lu Chantal Thomas. Jusqu’à cette émission que j’affectionne particulièrement, La Grande Librairie sur France 5, où j’ai entendu parler de son « Testament d’Olympe ». L’auteur m’a séduite et je suis entrée dans le livre avec un capital sympathie très fort.

L’intrigue a fait le reste : c’est l’Histoire dans le boudoir, à travers les destins bien éloignés de deux sœurs : Ursule et Apolline. Ursule, qui se rebaptisera Olympe, a de l’ambition et souhaite plus que tout quitter la misère familiale. Un premier moyen s’impose : la fuite. Puis un deuxième : les hommes. Mais les hommes puissants. Le Duc de Richelieu règne sur Bordeaux et impose ses mœurs de libertins jusqu’à Versailles. Il fera alors le bonheur d’Olympe en la « réservant » au roi, aussi bien qu’il la mènera à sa perte.

A travers ses deux destins, Chantal Thomas nous donne à voir deux visions du monde. Apolline croit en la toute puissance divine, à la bienveillance d’un monde où tout est voulu par Dieu. A cette candeur s’opposent l’ambition et les calculs d’Olympe, incarnation de la révolte, qui souhaite supplanter La Pompadour dans le cœur du roi et à la Cour.

Cette fable historique est également un voyage dans le temps, à travers les descriptions d’odeurs, de tissus, d’atmosphères, qui font de cet ouvrage un roman des sens…

Présentation de l’éditeur

Nous sommes au milieu du XVIIIe siècle, sous le règne de Louis XV. Deux soeurs, Apolline et Ursule, sont les héroïnes de ce livre. Elles sont nées à Bordeaux, dans un milieu très religieux. Le père, adepte de la Providence, s’adonne avec délice au bonheur de ne rien faire. La mère est en prières. La famille s’enfonce dans la misère. Ce dont Apolline, en disciple de son père, s’aperçoit à peine, tandis que l’aînée, Ursule, ambitieuse et libre, n’a qu’une envie : s’enfuir. Bientôt, les deux jeunes filles se perdent de vue. Apolline est mise dans un couvent, puis devient préceptrice. Elle en sort quelques années plus tard pour retrouver sa soeur mourante, et découvrir dans un manuscrit le récit de ses aventures. Ursule, rebaptisée Olympe, a réussi à se faire emmener à Paris par le duc de Richelieu. Elle rêve de faire carrière au théâtre, mais son protecteur a d’autres plans. Fournisseur royal attitré en matière de plaisir, il offre Olympe à Louis XV. Olympe, aimée par Louis XV, est rongée par le désir de s’imposer face à Mme de Pompadour. Devenue mère, elle croit triompher. Mais, avec la soudaineté des alternances de faveur et défaveur, elle perd tout. On l’exile et la marie de force en province et lorsqu’elle revient à Paris pour dénoncer la violence de son sort, elle est arrêtée et envoyée à l’Hôpital. Ce portrait de deux soeurs qui font des choix opposés, s’en remettre à la Providence, ou miser sur l’intrigue, est l’occasion de raconter un monde dominé par l’étrange duo que forment le duc de Richelieu, le plus célèbre libertin de son siècle, et le roi Louis XV, habité par le goût de la mort, le désir des femmes, et le sens du péché. Les jeux du pouvoir sont imprévisibles, et il est bien hasardeux de vouloir défier son destin.

A propos de l’auteur

Chantal Thomas est née à Lyon en 1945 et a publié de nombreux essais, sur Sade (Seuil et Rivages), Casanova (Denoël), Thomas Bernhard (Seuil), Marie-Antoinette (Seuil). Elle a également écrit un livre de nouvelles, La Vie réelle des petites filles (Gallimard), et Comment supporter sa liberté (Rivages). Elle est actuellement directrice de recherches au CNRS.

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Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants – Mathias Enard

Je l’ai repéré il y a des semaines ce petit livre bleu. Ce titre, emprunté par l’auteur à Kipling, y était pour beaucoup. Les quelques critiques lues au hasard du net ont fini de me convaincre.

En quelques heures, j’ai été embarquée dans cette fresque baroque qui nous fait voyager avec Michel-Ange à Istanbul, dans cette ville où les religions se mêlent et finalement se ressemblent.

L’auteur s’est documenté avec précision sur ce moment de la vie de l’artiste et c’est avec bonheur que j’ai découvert les fragments d’une vie méconnue.

J’ai admiré le style de Mathias Enard que je lisais pour la première fois, tout en subtilité. Ses descriptions sont étonnantes, son vocabulaire réjouissant (même si certains mots m’étaient absolument inconnus!).

 

Cela faisait bien longtemps qu’un texte n’avait pas eu cet effet sur moi : celui du vrai plaisir de la lecture, de la découverte qui surgit au détour de chaque phrase, voire de chaque mot.

Mathias Enard est un virtuose qui a soigné le cadeau autant que son écrin.

A lire et relire, sans aucun risque de lassitude.

Le roman commence ainsi : « La nuit ne communique pas avec le jour. Elle y brûle. On la porte au bûcher de l’aube. Et avec elle ses gens, les buveurs, les poètes, les amants »

4e de couv

En débarquant à Constantinople le 13 mai 1506, Michel-Ange sait qu’il brave la puissance et la colère de Jules II, pape guerrier et mauvais payeur, dont il a laissé en chantier l’édification du tombeau à Rome. Mais comment ne pas répondre à l’invitation du sultan Bajazet qui lui propose – après avoir refusé les plans de Léonard de Vinci, de concevoir un pont sur la Corne d’Or ?

Ainsi commence ce roman, tout en frôlement historiques, qui s’empare d’un fait exact pour déployer les mystères de ce voyage.

Troublant comme la rencontre de l’homme de la Renaissance avec les beautés du monde ottoman, précis et ciselé comme une pièce d’orfèvrerie, ce portrait de l’artiste au travail est aussi une fascinante réflexion sur l’acte de créer et sur le symbole d’un geste inachevé ver l’autre rive de la civilisation.

Car à travers la chronique de ces quelques semaines oubliées de l’Histoire, Mathias Enard esquisse une géographie politique dont les hésitations sont toujours aussi sensibles cinq siècles plus tard.

 

A propos de l’auteur

Né en 1972, Mathias Enard a étudié le persan et l’arabe et fait de longs séjours au Moyen-Orient. Il vit à Barcelone. Il a publié trois romans chez Actes Sud : La perfection du tir (2003, Prix des cinq continents de la francophonie), Remonter l’Orénoque (2005) et Zone (2008) salué par le prix Décembre 2008 et le prix du Livre Inter 2009

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Made in China – JM Erre

Un petit livre bien sympathique que j’avais repéré dans la rubrique « Lectures de l’été » mais que j’ai ouvert uniquement fin septembre. De quoi prolonger un peu les vacances et adoucir une rentrée bien chargée.

Pourtant, ce n’était pas gagné puisque le thème central de ce livre est l’adoption… Une thématique que je trouve plutôt sérieuse et rarement comique, et qui résonne en moi de façon particulière.
En fait, notre héros entreprend un vrai voyage initiatique, à la manière des héros antiques. Il est juste transposé dans notre monde moderne, impitoyable, mondialisé, perverti…

Il y a un second degré de lecture, encore plus drôle que les péripéties du héros : celui de l’auteur/narrateur qui joue avec nous, et pour notre plus grand plaisir. Il dévoile ses trucs et astuces, fait appel à de pseudos références littéraires… ça me rappelle vaguement Jacques le Fataliste de mon ami Diderot. Je dis « vague » uniquement parce que j’ai du lire ce livre il y a dix ans, et j’ai peur de faire une erreur (et non, je ne le relirai pas dans la nuit).

En plus, JM Erre rajoute des interpellations qui se rapprochent peut-être plus de la télé réalité et de l’interactivité dans laquelle nous baignons toujours plus : si vous souhaitez connaitre la fin tout de suite, aller à la page 124, si vous souhaitez savoir ce qui se passe le lendemain » tapez 1, 2 ou 3… bon, c’est presque ça, vous avez compris !

Malgré ce double niveau de lecture et des situations de vrai burlesque, l’auteur aborde de vraies et profondes questions existentielles et nous met face à des personnages qui sont juste imparfaits. J’ai été incapable de m’attacher au héros principal (qui est d’ailleurs peut-être plus un anti-héros…)  mais garde une image forte de cette galerie de personnages parfaitement croqués !

4e de couv

Toussaint Legoupil est préoccupé par le mystère de sa naissance. Il est persuadé de ne pas être comme les autres. Quelle a pu être la réaction de ses parents en le découvrant à l’orphelinat de Chengdu? Mado et Léon croyaient rentrer en France avec un petit Asiatique et Toussaint apparaît. Or il n’a rien d’un Asiatique. Toussaint est noir. Toussaint est un Chinois noir. Et il veut savoir pourquoi.

A propos de l’auteur

J.M. Erre vit à Montpellier et enseigne le français dans un lycée à Sète. Il est également l’auteur de Prenez soin du chien, roman qui a connu un vif succès de bouche à oreille, disponible en Points.

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Les petites soeurs – Valérie Saubade

Imaginez une famille, la votre par exemple.

Et bien maintenant, imaginez la pire famille qu’il soit possible d’imaginer. Avec une méchanceté et une violence psychologique sans borne.

Vous y êtes ?

Bienvenue dans Les Petites Sœurs, roman à l’intrigue implacable et aux personnages exquis.

L’écriture de Valérie Saubade est incisive, comme ses personnages.

Au fin fond de la province française, un drame familial que personne ne soupçonne, étouffé par une bonne dose d’hypocrisie mondaine, est en train de détruire à petit feu les membres de cette famille, pantins articulés et manipulés par le père. Le reste, je ne peux pas vous le raconter !

Si je devais résumer ce livre, je dirai « tourbillon ». J’ai eu l’impression d’être entraînée dans la recherche folle de vérité de la jeune Agathe sans pouvoir m’en défaire, alors que le début du livre ne laissait rien présager de tel.

Bel exercice de Valérie Saubade que j’aurai plaisir à relire plus tard !

4e de couv

Sarah Debussy avait, ce jour-là, une foule de choses à faire avant de mettre fin à ses jours. Elle tenait à se suicider comme elle avait vécu. Avec efficacité.  » Qui a poussé Sarah Debussy à finir consciencieusement sa boîte de somnifères ? Pour sa famille, peu importe : il est avant tout extrêmement indécent de mettre fin à ses jours quand on appartient à la bourgeoisie. D’autant que la petite effrontée, pourtant morte et enterrée, semble envoyer post-mortem des lettres sibyllines signées de sa main. Alors qu’on accuse la défunte de ne pas vouloir faire comme tout le monde, Agathe, sa nièce, décide de suivre ce jeu de pistes et les méandres du passé de cette famille pas comme les autres…

A propos de l’auteur

Née en 1966, Valérie Saubade est journaliste à Bordeaux. Après le succès de son premier livre Happy Birthday Grand-Mère en 1999, ont suivi Les petites sœurs en 2002 et Marche arrière en 2009.

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La rose écrasée – Gérard Messadié –

Hier soir, après une journée de travail interminable, Marie-Antoinette a perdu sa tête ! Vous me direz que vous étiez sans doute au courant, et à juste titre!

Trève de plaisanterie, j’ai terminé le superbe roman de Gérald Messadié, acheté par hasard à la Fnac il y a quelques semaines. Il est vrai que j’aime cette figure de Marie-Antoinette. J’avais d’ailleurs lu il y a deux ans la biographie d’Antonia Fraser dont le film de Sofia Coppola s’est inspiré.

J’ai été réellement emballée par ce livre qui rétablit une vérité historique trop souvent entachée de fantasmes et de mythes que les générations ont forgé (le pain et les brioches…).

Au fil du temps, la dernière reine de France s’est imposée dans l’entourage politique de son mari, devenant même la seule personne de confiance du Roi. D’ailleurs, Mirabeau disait bien « le roi n’a qu’un homme, c’est sa femme ».

Ce livre nous permet d’avoir un autre regard sur Louis XVI qui était décidément bien visionnaire: quel roi avant lui avait proposé que la noblesse et le clergé paient des impôts? Que les ordres soient représentés au sein de l’ancêtre de notre Assemblée ?

Malgré tout, hier, Marie-Antoinette a perdu la tête.

A propos de l’auteur

Romancier, historien et essayiste né au Caire en 1931, Gerald Messadié est l’auteur de trois fresques historiques publiées aux éditions Archipoche : Jeanne de l’Estoille (2006), Orages sur le Nil (2007) et Saint-Germain, l’homme qui ne voulait pas mourir (2008).

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