Archives de Catégorie: Coups de coeur

Elle s’appelait Sarah de Tatiana de Rosnay

Oh, je sais que ce billet ne sera pas le premier que vous lisez sur l’un des best sellers de ces derniers mois… Tant pis, il faut tout de même que je vous parle de ce roman qui rentre directement dans ma catégorie « coup de cœur ».

J’aime particulièrement les romans sur fonds d’événements historiques et j’ai donc été totalement conquise par cette histoire. L’alternance des passages de la vie de Sarah et celle de Julia s’harmonise parfaitement. Je suis, moi aussi, partie à la recherche de ce passé trouble de cette famille française, finalement comme les autres… Je découvrais également l’écriture de Tatiana de Rosnay et n’ai pas été déçue. Je pense tenter l’aventure avec un prochain roman… Si vous avez des suggestions, je prends !

 Après avoir vu l’année dernière le film « La Rafle », j’ai été contente de lire ce roman bien documenté sur ces moments bien troubles de notre histoire. Car finalement la Rafle du Vel’ d’Hiv est assez peu connue… Et pourtant… Pour information, je n’ai pas voulu voir le film avant de lire ce livre. Rien que de savoir que le personnage de Julia était joué par la grande Kristin Scott-Thomas m’a influencé… Mais maintenant, je vais penser à louer le dvd….

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Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants – Mathias Enard

Je l’ai repéré il y a des semaines ce petit livre bleu. Ce titre, emprunté par l’auteur à Kipling, y était pour beaucoup. Les quelques critiques lues au hasard du net ont fini de me convaincre.

En quelques heures, j’ai été embarquée dans cette fresque baroque qui nous fait voyager avec Michel-Ange à Istanbul, dans cette ville où les religions se mêlent et finalement se ressemblent.

L’auteur s’est documenté avec précision sur ce moment de la vie de l’artiste et c’est avec bonheur que j’ai découvert les fragments d’une vie méconnue.

J’ai admiré le style de Mathias Enard que je lisais pour la première fois, tout en subtilité. Ses descriptions sont étonnantes, son vocabulaire réjouissant (même si certains mots m’étaient absolument inconnus!).

 

Cela faisait bien longtemps qu’un texte n’avait pas eu cet effet sur moi : celui du vrai plaisir de la lecture, de la découverte qui surgit au détour de chaque phrase, voire de chaque mot.

Mathias Enard est un virtuose qui a soigné le cadeau autant que son écrin.

A lire et relire, sans aucun risque de lassitude.

Le roman commence ainsi : « La nuit ne communique pas avec le jour. Elle y brûle. On la porte au bûcher de l’aube. Et avec elle ses gens, les buveurs, les poètes, les amants »

4e de couv

En débarquant à Constantinople le 13 mai 1506, Michel-Ange sait qu’il brave la puissance et la colère de Jules II, pape guerrier et mauvais payeur, dont il a laissé en chantier l’édification du tombeau à Rome. Mais comment ne pas répondre à l’invitation du sultan Bajazet qui lui propose – après avoir refusé les plans de Léonard de Vinci, de concevoir un pont sur la Corne d’Or ?

Ainsi commence ce roman, tout en frôlement historiques, qui s’empare d’un fait exact pour déployer les mystères de ce voyage.

Troublant comme la rencontre de l’homme de la Renaissance avec les beautés du monde ottoman, précis et ciselé comme une pièce d’orfèvrerie, ce portrait de l’artiste au travail est aussi une fascinante réflexion sur l’acte de créer et sur le symbole d’un geste inachevé ver l’autre rive de la civilisation.

Car à travers la chronique de ces quelques semaines oubliées de l’Histoire, Mathias Enard esquisse une géographie politique dont les hésitations sont toujours aussi sensibles cinq siècles plus tard.

 

A propos de l’auteur

Né en 1972, Mathias Enard a étudié le persan et l’arabe et fait de longs séjours au Moyen-Orient. Il vit à Barcelone. Il a publié trois romans chez Actes Sud : La perfection du tir (2003, Prix des cinq continents de la francophonie), Remonter l’Orénoque (2005) et Zone (2008) salué par le prix Décembre 2008 et le prix du Livre Inter 2009

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Ma femme de ta vie – Carla Guelfenbein

Comme son nom de l’indique pas, Carla Guelfenbein est chilienne. Née en 1959 à Santiago du Chili et exilée pendant onze ans en Allemagne, elle étudie la biologie et le dessin. De retour au Chili, elle travaille dans des agences de publicité et devient rédactrice en chef du magazine Elle. Ma femme de ta vie, paru en 2007, a été publié dans une douzaine de pays.

 Voilà pour les présentations.

 Maintenant, Ma femme de ta vie.

 Une histoire d’amour, mais surtout l’histoire d’une amitié entre trois personnages.

Une histoire de liens, entre Théo et Antonio. Antonio et Clara. Clara et Théo.

 Une poésie. Un drame. Des fragilités. Des sentiments, en somme.

 Evidemment, quand j’ai choisi ce livre, j’étais attirée par son titre et la promesse de 298 pages débordants de bons sentiments. Oui, souvent parfois, je suis faible.

 Mais j’ai trouvé plutôt 298 pages de questionnements. Sur les conséquences de nos choix. Et celles de nos absences de choix, pour toutes les bonnes raisons que l’on peut bien se donner, en toute bonne conscience. Toujours.

 298 pages de fragilités et d’imperfections, qui engendrent des échecs autant que des lueurs d’espoirs.

Voire le bonheur ?

 Pour choisir une seule citation dans ce livre (exercice difficile) :

« C’était une constatation pathétique, car je découvrais pour la première fois combien est trouble le tissu qui unit une personne à une autre, ce tissu que nous dissimulons sous des mots aussi mythologiques qu’amitié et amour »

 4e de couv

Ils sont deux amis, jeunes, beaux, idéalistes et désespérés, que Londres réunit dans les années 1980. Entre Theo, étudiant anglais en sociologie, et Antonio, auréolé de sa gloire d’exilé chilien, l’attraction est immédiate. Ils refont le monde au rythme des mélodies envoûtantes de Joan Baez ou Bob Marley ; l’engagement politique de l’un contre la dictature exacerbe la soif de liberté de l’autre – une liberté bridée par les austères années Thatcher. Ils sont frères d’armes, qui se sont juré une loyauté à la vie et à la mort. L’irruption de la belle Clara aura raison de leur promesse. S’ensuivent quinze ans de silence ; Theo court après ses chimères. Correspondant de guerre, il arpente camps de réfugiés et villes dévastées, quand, un jour, Antonio, devenu le mari de Clara, l’invite au Chili pour le mettre à nouveau face à face avec la femme de sa vie.

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L’Ombre du vent – Carlos Ruis Zafon

Puisque je vais vous parler de L’ombre du vent, j’en profite pour inaugurer une nouvelle catégorie… Celle, très classique, des coups de cœur. Et en parallèle, je vais créer prochainement une rubrique « Déception », et je sais déjà que le livre que je peine actuellement à terminer sera nominé…

Mais en attendant, quelques mots sur L’ombre du vent. La blogosphère et la presse ont été plus qu’élogieux sur cet opus de l’espagnol Zafon, qui n’en est pas à son coup d’essai.

Avec L’ombre du Vent, on plonge dans la Barcelone du début XXe, guidés par un adolescent à qui il arrive, il faut bien l’admettre, des aventures totalement irréelles. Le talent de l’auteur est bien de nous entrainer dans un univers onirique et fantastique, tout en le teintant d’un réalisme perturbant. L’auteur ne nous épargne pas la description crue de la terreur franquiste. Ni celle de Barcelone, personnage central finalement.

J’ai été séduite par cet univers qui nous entraine dès le début dans un « cimetière des livres oubliés » : la porte ouverte à tous les possibles ! Les personnages sont hauts en couleurs, à la limite de la caricature, et je crois qu’il y a presque un peu de Tim Burton là dedans. Un univers, je vous le dis !

Je rejoins toutefois certaines critiques d’internautes qui ont été lassés par ces croisements de coïncidence qui finissent par ne plus en être, mais après tout, quelle importance !

Avant de conclure, cher ami lecteur, je partage avec toi cette citation :

Chaque livre a une âme. L’âme de celui qui l’a écrit, et l’âme de ceux qui l’ont lu, ont vécu et rêvé avec lui

4e de couv

Dans la Barcelone de l’après-guerre civile,  » ville des prodiges  » marquée par la défaite, la vie est difficile, les haines rôdent toujours. Par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon – Daniel Sempere, le narrateur – dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés. L’enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est ainsi convié par son père, modeste boutiquier de livres d’occasion, à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y  » adopter  » un volume parmi des centaines de milliers. Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l’entraîner dans un labyrinthe d’aventures et de secrets  » enterrés dans l’âme de la ville  » : L’Ombre du Vent. Avec ce tableau historique, roman d’apprentissage évoquant les émois de l’adolescence, récit fantastique dans la pure tradition du Fantôme de l’Opéra ou du Maître et Marguerite, énigme où les mystères s’emboîtent comme des poupées russes, Carlos Ruiz Zafon mêle inextricablement la littérature et la vie.

A propos de l’auteur

Carlos Ruiz Zafón (né en 1964 à Barcelone) est un auteur espagnol. Ruíz Zafón écrit principalement en castillan. Il habite depuis 1993 à Los Angeles où il écrit des scénarios de films.

À l’âge de quatorze ans, Carlos Ruiz Zafon écrit son premier roman, une histoire de 500 pages. À dix-neuf ans, il choisit de commencer sa carrière dans la publicité, qu’il quitte pour se consacrer à son roman El principe de la niebla (Le Prince du brouillard, 1993) qui gagne le prix de la jeunesse d’Edebé en 2000.

Son quatrième roman, L’Ombre du vent a reçu un bon accueil de la critique et a été traduit en de nombreuses langues. Il a été sélectionné dans les romans étrangers pour le prix Femina 2004. Il a reçu aussi des prix littéraires français, comme le Prix des Amis du Scribe et le Prix Michelet en 2005, ainsi qu’au Québec, comme le Prix des libraires du Québec 2005 (Roman hors Québec).

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Comment peut-on être Français ? Chahdortt Djavann

C’est vrai, ça ! La question est plutôt bonne !

 Et d’actualité…

 Deuxième rencontre pour moi avec cette romancière iranienne qui, rappelons-le, écrit en français,  et qui découvrit la France en 1993.

 Je partais pourtant sceptique en me demandant comment il était possible de poursuivre les Lettres persanes au XXIe siècle, sans être complètement hors sujet et en-dessous de cet ouvrage exceptionnel !

 Et puis,…quel culot !

 Au début, j’ai eu du mal à me mettre dans le bain. Et finalement, entre roman et fragments autobiographiques, nous suivons l’apprentissage douloureux de la langue française et de ses implacables règles pour cette jeune femme débarquée à Paris, dans le froid et la grisaille d’une chambre de bonne.

 Et un jour, Roxane découvre Montesquieu, les Lumières.

 Elle décide alors de prendre le relais de la Roxane des Lettres persanes et de questionner à son tour l’auteur philosophe, en le prenant à son propre jeux de l’échange épistolaire.

 A la manière de Rica et Usbek, trois siècles plus tôt.

 Un roman construit tout en finesse, soutenu par un style léger et d’une rare intelligence. Et un jeu avec la langue française souvent désarmant.

Chahdortt Djavann a le don de remettre en cause ce qu’elle voit, de ne pas prendre pour acquis ce qui est finalement bien éphémère et de nous bousculer dans nos certitudes.

 Une citation pour finir ?

« Quelle belle garce cette langue, la plus belle. Quelle belle grâce cette langue, la plus belle ».

 J’ai repris Les Lettres persanes et relu l’introduction. J’ai lui ai trouvé, sans grand étonnement, une telle pertinence que je la partage ici :

« Il y a une chose qui m’a souvent étonné : c’est de voir ces Persans quelquefois aussi instruits que moi-même des mœurs et des manières de la Nation, jusqu’à en connaître les plus fines circonstances, et à remarques des choses qui, je suis sûr, ont échappé à bien des Allemands qui ont voyagé en France. J’attribue cela au long séjour qu’ils y ont fait ; sans compter qu’il est plus facile à un Asiatique de s’instruire des mœurs des Français dans un an, qu’il ne l’est à un Français de s’instruire des mœurs des Asiatiques dans quatre, parce que les uns se livrent autant que les autres se communiquent peu. »

Ce qu’en dit l’éditeur

Roxane arrive à Paris. Le chemin a été long depuis son Iran natal mais rien ne pouvait la détourner de son rêve : faire sa vie ici. C’est dans la langue que tout s’enracine, se dit-elle. Si les Français ne parlaient pas le français, ils ne seraient pas des Français. Sa patrie à elle serait la langue. Mais il n’est pas si simple d’entrer dans une langue étrangère. C’est alors qu’elle découvre les Lettres persanes de Montesquieu. Puisque ce monsieur au bel esprit avait su se mettre dans l’imaginaire d’un Persan – d’un Iranien – au XVIIIe siècle, pourquoi ne pas s’adresser à lui aujourd’hui ? Roxane écrit des lettres au philosophe, se racontant et racontant sa découverte de la vie parisienne. Un roman plein de charme, de tendresse et de subtilité.

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Grand-mère déballe tout – Irène Dische

Pas commode, la mamie.

Il faut dire que le sort n’a pas été fort sympathique avec elle.

C’est vrai ! Elle, l’aristo bourrée de principe, elle est mariée à un médecin. Ah, le problème c’est qu’il est juif, qu’ils vivent en Allemagne, dans les années 1940.

Et si on ajoute à cela une progéniture qui s’assoit sur quelques principes pour embrasser la culture américaine… Tout fout l’camp, ma bonne dame !

 Ce portrait au vitriol m’a bien plu et je la trouverais presque rock and roll Bonne-maman !

C’est drôle, grinçant et souvent à prendre au dixième degré, mais ça fonctionne bien !

 En guise d’apéritif, les premières lignes du roman :

« Beaucoup de ce qui a capoté (kaput, comme disent les Américains) dans les générations qui ont suivi la mienne peut être imputé au sperme stérile de Carl. Il a tué ses homoncules par héroïsme ; les détails, plus tard. Par conséquent, il n’a réussi à faire qu’un seul enfant. Et du mauvais sexe. Nous avons essayé, et essayé encore d’en avoir un autre. Il s’enfonçait en moi et me labourait sans faillir. Il travaillait dur, grognant et suant – ce n’était pas un fainéant. Après, je restais sur le dos, jambes en l’air au-dessus de ma tête, plantes de pied jointes, comme en prière. »

 Je vous laisse apprécier (ou pas) cette « introduction » et vous précise, au cas où, que Irène Dische a été le premier écrivain non allemand à recevoir le Prix des critiques allemands.

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La 25e heure – Virgil Gheorghiu

Quatre mois passés en Roumanie m’ont permis de découvrir une sensibilité artistique étonnante et sans comparaison. Ni slaves, ni latins. Un peu des deux, comme un reflet de leur histoire, de leur langue, de leur tempérament.

Comme pour chaque voyage, c’est peut-être par la littérature que j’ai appris à les connaître le mieux.

 C’est une histoire ubuesque, d’un homme qui ne tombe jamais du bon côté de l’Histoire.

Paysan roumain décrété juif sur dénonciation, il est enfermé dans un camp de travail, torturé par les Hongrois, vendu aux Allemands qui, après lui avoir fait subir les pires ignominies, le reconnaissent comme l’un des leurs et lui donnent un uniforme SS.

Prisonnier des Américains, il sera traduit devant le tribunal de Nuremberg où cinquante-deux nations le déclarent criminel de guerre…

 Une descente aux enfers perpétuelle pour cet individu broyé par l’administration et qui, finalement, n’existe plus. Virgil Gheorghiu s’en prend plus à une société occidentale en déroute, à l’évolution de l’Homme qui se robotise via sa seule cruauté…

 Aucune lueur d’espoir. Juste un livre noir, très noir.

A propos de l’auteur (source Wikipedia)

Virgil Gheorghiu est né à Valea Albă, dans le judeţ de Neamţ en Roumanie. Son père, comme ses ancêtres, est prêtre orthodoxe. Sa famille le destine, tout d’abord, au séminaire et à la prêtrise, mais doit y renoncer faute d’argent.

De 1928 à 1936, il fait ses études à l’école militaire de Chişinău. Durant cette période, il compose des poèmes dont certains sont publiés dans la presse. En 1936, il fait véritablement ses débuts littéraires à Bucarest. Il vit de divers petits emplois, et suit des études à la faculté de Philosophie de Bucarest. Il se marie en 1939 avec Ecaterina Burbea. Il reçoit en 1940 le Prix Royal de poésie pour son recueil Calligraphies sur la Neige.

Sous le règne du général Ion Antonescu, il est diplomate entre 1942 and 1943, travaillant au secrétariat de la légation du Ministère des Affaires étrangères de Roumanie. En 1943, il est nommé attaché culturel à l’ambassade de Zagreb. C’est en Croatie qu’il entend par la radio, le soir du 23 août 1944, l’annonce par le roi Michel de la capitulation sans condition de la Roumanie face à l’Armée rouge. C’est le début de quarante-cinq ans d’un régime de terreur et de servitude pour les Roumains.

Suite à l’entrée des troupes de l’Armée rouge en Roumanie, il part en exil volontaire dès 1944. Son épouse et lui sont arrêtés par les Américains en 1945, pour le motif que « les ennemis des Soviétiques sont aussi les ennemis des Américains ». Ils sont libérés en 1947, et se retrouvent à Heidelberg, dans des conditions précaires. Virgil s’inscrit à la faculté de Théologie, et se remet à étudier et à écrire. Mais il souffre de la faim et sa santé est chancelante. En 1948, après trois tentatives infructueuses, ils parviennent à traverser la frontière française.

C’est à Heidelberg, quelques mois après sa libération, que Virgil Gheorghiu a écrit La vingt-cinquième heure. Il arrive à Paris avec le manuscrit de son livre. Le philosophe et écrivain Gabriel Marcel, directeur littéraire chez Plon, en prend connaissance et en réclame immédiatement une traduction française. Le livre, préfacé de façon exceptionnelle par Gabriel Marcel, sort en librairie au printemps 1949. Il est très vite traduit et édité dans le monde entier, à l’exception des pays emprisonnés derrière le rideau de fer.

En 1952, une violente campagne de presse est déclenchée contre Virgil Gheorghiu. Aussi absurde que cela puisse paraître, l’auteur de La vingt-cinquième heure est accusé d’antisémitisme. L’incitation est venue de Bucarest. Pour discréditer un écrivain qui gêne, on se sert de quelques passages – à la vérité d’un esprit plus juvénile que mal intentionné – de ses reportages sur le front russe, parus en 1942. Du jour au lendemain, la presse invente à son sujet les pires calomnies. Gabriel Marcel convoque Virgil Gheorgiu et lui demande de démentir publiquement, ce qu’il refuse. S’ensuit une période de froid entre les deux hommes, Gabriel Marcel exigeant même le retrait de sa préface des éditions ultérieures de La vingt-cinquième heure. C’est un moment difficile dans la carrière de l’écrivain. Finalement, cette vague furieuse retombe, non sans laisser quelques séquelles.

En 1967, Henri Verneuil réalisera le film tiré de cette œuvre, avec Anthony Quinn dans le rôle du paysan Iohann Moritz, et Serge Reggiani dans le rôle du fils du prêtre Koruga, Traian, celui qui prend conscience que la vingt-cinquième heure est arrivée.

Le 23 mai 1963, Virgil Gheorghiu est ordonné prêtre de l’Église orthodoxe roumaine de Paris. En juin 1966, le patriarche de Roumanie accorde au prêtre écrivain la croix de patriarchie roumaine, pour ses activités liturgiques et littéraires.

Gheorghiu meurt le 22 juin 1992, à Paris, où il est enterré au cimetière de Passy.

Virgil Gheorghiu a écrit ses derniers livres directement en français.

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Classé dans Coups de coeur, Littérature roumaine