Archives mensuelles : décembre 2010

La Promesse de l’aube de Romain Gary

Ça y est, je me suis lancée dans la lecture de Romain Gary avec La Promesse de l’Aube. Je ne savais rien de l’auteur, de l’homme comme de l’œuvre. La Promesse a été une belle découverte pour moi sur le plan littéraire mais également historique. Suivre les pas de cet homme, engagé dans une Histoire bien plus grande que la sienne, et poussé par l’amour indéfectible d’une mère à l’amour exclusif. J’ai bien conscience que je suis entrée dans l’écriture de Gary dans une période où je n’étais pas spécialement réceptive… J’ai d’ailleurs mis un mois pour lire l’ouvrage ; la honte ! De nombreux passages m’ont marqué et je voulais vous en faire partager un spécialement :

Il s’appelait Bouquillard et, à trente-cinq ans, était de loin notre aîné. Plutôt petit, un peu voûté, coiffé d’un éternel béret, avec des yeux bruns dans un long visage amical, son calme et sa douceur cachaient une de ces flammes qui font parfois de la France l’endroit du monde le mieux éclairé.

Il devint le premier « as » français de la bataille d’Angleterre, avant de tomber après sa sixième victoire, et vingt pilotes debout dans la salle d’opérations, les yeux rivés à la gueule noire du haut-parleur, l’entendirent chanter jusqu’à l’explosion finale le grand refrain français, et alors que je griffonne ces lignes, face à l’Océan, dont le tumulte a couvert tant d’autres appels, tant d’autres défis, voilà que le chant monte tout seul à mes lèvres et que j’essaye de faire renaître ainsi un passé, une voix, un ami, et le voilà qui se lève à nouveau vivant et souriant à côté de moi et il me fait toute la solitude de Big Sur pour lui faire de la place.

Il n’a pas sa rue à Paris, mais pour moi toutes les rues de France portent son nom

 

Merci à Delphine qui est à l’origine de cette découverte, via sa passion pour cet auteur, ses articles sur son blog et l’envoi de Tombeau de Romain Gary, écrit pas Nancy Huston.

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Classé dans Littérature française

Le Meurtre de Roger Ackroyd d’Agatha Christie

 Comme je vous l’annonçais la semaine dernière, je participe au Challenge Agatha Christie et pour cela, j’ai voulu commencer par le commencement en lisant « Le Meurtre de Roger Ackroyd ». Paru en 1926, ce roman fut un succès pour la jeune romancière et la critique salua la rigueur de l’intrigue où l’énigme n’apparait qu’à la fin…

Bien sur, c’est aussi lors de ce roman que le lecteur fait la connaissance d’Hercule Poirot. Il parait qu’Agatha Christie explique la naissance du détective belge dans son autobiographie. Alors comme l’ouvrage est déjà sur ma table de chevet, je vais garder le mystère entier…

Vous n’êtes pas en train de lire ces quelques lignes pour connaitre l’identité du tueur (quoi que ?) mais pour connaitre mes impressions de lecture, n’est ce pas ? Et bien, ce retour vers Agatha Christie fut un vrai enthousiasme pour moi. J’ai renoué avec bonheur avec l’univers victorien de la romancière : chaque mot nous renvoie à une époque, une ambiance. Lisez vous-même, au début de l’ouvrage : « J’entrai par la porte principale et pris tout mon temps pour suspendre mes vêtements au portemanteau du vestibule. Mon chapeau d’abord, puis le pardessus léger dont j’avais jugé prudent de me munir ».

Vestibule, pardessus, autant de mots inusités aujourd’hui qui font tout le charme des romans christiens !

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Classé dans Challenge, Littérature anglaise