Archives mensuelles : octobre 2010

Le jeudi, c’est citation !

Un de mes amis m’a fait partager cette belle citation, tirée du livre de Takehiro IROKAWA, Journal d’un fou. A mon tour, je la partage avec vous.

« (…) Je lui suis reconnaissant de ne pas me quitter. Elle chemine à mes côtés d’un pas tout aussi hésitant que le mien. Je n’ai pas à me plaindre, même si elle ne me fait pas entièrement. C’est peut-être cela, les relations de couple telles qu’on les conçoit dans la société. Il me semble que j’ai déjà beaucoup réfléchi à la question, mais j’ai la mauvaise habitude de chercher directement quelque chose de parfait, comme Dieu tout-puissant est capable d’en produire. Alors que je n’ai même pas de Dieu sous la main. »

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Le Testament d’Olympe – Chantal Thomas (Seuil)

 Chez moi, on dit « faute avouée est à moitié pardonnée »… Alors voilà, je n’avais jamais lu Chantal Thomas. Jusqu’à cette émission que j’affectionne particulièrement, La Grande Librairie sur France 5, où j’ai entendu parler de son « Testament d’Olympe ». L’auteur m’a séduite et je suis entrée dans le livre avec un capital sympathie très fort.

L’intrigue a fait le reste : c’est l’Histoire dans le boudoir, à travers les destins bien éloignés de deux sœurs : Ursule et Apolline. Ursule, qui se rebaptisera Olympe, a de l’ambition et souhaite plus que tout quitter la misère familiale. Un premier moyen s’impose : la fuite. Puis un deuxième : les hommes. Mais les hommes puissants. Le Duc de Richelieu règne sur Bordeaux et impose ses mœurs de libertins jusqu’à Versailles. Il fera alors le bonheur d’Olympe en la « réservant » au roi, aussi bien qu’il la mènera à sa perte.

A travers ses deux destins, Chantal Thomas nous donne à voir deux visions du monde. Apolline croit en la toute puissance divine, à la bienveillance d’un monde où tout est voulu par Dieu. A cette candeur s’opposent l’ambition et les calculs d’Olympe, incarnation de la révolte, qui souhaite supplanter La Pompadour dans le cœur du roi et à la Cour.

Cette fable historique est également un voyage dans le temps, à travers les descriptions d’odeurs, de tissus, d’atmosphères, qui font de cet ouvrage un roman des sens…

Présentation de l’éditeur

Nous sommes au milieu du XVIIIe siècle, sous le règne de Louis XV. Deux soeurs, Apolline et Ursule, sont les héroïnes de ce livre. Elles sont nées à Bordeaux, dans un milieu très religieux. Le père, adepte de la Providence, s’adonne avec délice au bonheur de ne rien faire. La mère est en prières. La famille s’enfonce dans la misère. Ce dont Apolline, en disciple de son père, s’aperçoit à peine, tandis que l’aînée, Ursule, ambitieuse et libre, n’a qu’une envie : s’enfuir. Bientôt, les deux jeunes filles se perdent de vue. Apolline est mise dans un couvent, puis devient préceptrice. Elle en sort quelques années plus tard pour retrouver sa soeur mourante, et découvrir dans un manuscrit le récit de ses aventures. Ursule, rebaptisée Olympe, a réussi à se faire emmener à Paris par le duc de Richelieu. Elle rêve de faire carrière au théâtre, mais son protecteur a d’autres plans. Fournisseur royal attitré en matière de plaisir, il offre Olympe à Louis XV. Olympe, aimée par Louis XV, est rongée par le désir de s’imposer face à Mme de Pompadour. Devenue mère, elle croit triompher. Mais, avec la soudaineté des alternances de faveur et défaveur, elle perd tout. On l’exile et la marie de force en province et lorsqu’elle revient à Paris pour dénoncer la violence de son sort, elle est arrêtée et envoyée à l’Hôpital. Ce portrait de deux soeurs qui font des choix opposés, s’en remettre à la Providence, ou miser sur l’intrigue, est l’occasion de raconter un monde dominé par l’étrange duo que forment le duc de Richelieu, le plus célèbre libertin de son siècle, et le roi Louis XV, habité par le goût de la mort, le désir des femmes, et le sens du péché. Les jeux du pouvoir sont imprévisibles, et il est bien hasardeux de vouloir défier son destin.

A propos de l’auteur

Chantal Thomas est née à Lyon en 1945 et a publié de nombreux essais, sur Sade (Seuil et Rivages), Casanova (Denoël), Thomas Bernhard (Seuil), Marie-Antoinette (Seuil). Elle a également écrit un livre de nouvelles, La Vie réelle des petites filles (Gallimard), et Comment supporter sa liberté (Rivages). Elle est actuellement directrice de recherches au CNRS.

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Classé dans Littérature française, Romans historiques

Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants – Mathias Enard

Je l’ai repéré il y a des semaines ce petit livre bleu. Ce titre, emprunté par l’auteur à Kipling, y était pour beaucoup. Les quelques critiques lues au hasard du net ont fini de me convaincre.

En quelques heures, j’ai été embarquée dans cette fresque baroque qui nous fait voyager avec Michel-Ange à Istanbul, dans cette ville où les religions se mêlent et finalement se ressemblent.

L’auteur s’est documenté avec précision sur ce moment de la vie de l’artiste et c’est avec bonheur que j’ai découvert les fragments d’une vie méconnue.

J’ai admiré le style de Mathias Enard que je lisais pour la première fois, tout en subtilité. Ses descriptions sont étonnantes, son vocabulaire réjouissant (même si certains mots m’étaient absolument inconnus!).

 

Cela faisait bien longtemps qu’un texte n’avait pas eu cet effet sur moi : celui du vrai plaisir de la lecture, de la découverte qui surgit au détour de chaque phrase, voire de chaque mot.

Mathias Enard est un virtuose qui a soigné le cadeau autant que son écrin.

A lire et relire, sans aucun risque de lassitude.

Le roman commence ainsi : « La nuit ne communique pas avec le jour. Elle y brûle. On la porte au bûcher de l’aube. Et avec elle ses gens, les buveurs, les poètes, les amants »

4e de couv

En débarquant à Constantinople le 13 mai 1506, Michel-Ange sait qu’il brave la puissance et la colère de Jules II, pape guerrier et mauvais payeur, dont il a laissé en chantier l’édification du tombeau à Rome. Mais comment ne pas répondre à l’invitation du sultan Bajazet qui lui propose – après avoir refusé les plans de Léonard de Vinci, de concevoir un pont sur la Corne d’Or ?

Ainsi commence ce roman, tout en frôlement historiques, qui s’empare d’un fait exact pour déployer les mystères de ce voyage.

Troublant comme la rencontre de l’homme de la Renaissance avec les beautés du monde ottoman, précis et ciselé comme une pièce d’orfèvrerie, ce portrait de l’artiste au travail est aussi une fascinante réflexion sur l’acte de créer et sur le symbole d’un geste inachevé ver l’autre rive de la civilisation.

Car à travers la chronique de ces quelques semaines oubliées de l’Histoire, Mathias Enard esquisse une géographie politique dont les hésitations sont toujours aussi sensibles cinq siècles plus tard.

 

A propos de l’auteur

Né en 1972, Mathias Enard a étudié le persan et l’arabe et fait de longs séjours au Moyen-Orient. Il vit à Barcelone. Il a publié trois romans chez Actes Sud : La perfection du tir (2003, Prix des cinq continents de la francophonie), Remonter l’Orénoque (2005) et Zone (2008) salué par le prix Décembre 2008 et le prix du Livre Inter 2009

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Le jeudi, c’est citation, 1ère !

Bonjour !

Aujourd’hui, c’est jeudi, et j’ai décidé de rejoindre le mouvement de plusieurs bloggeurs et initié par Chiffonnette. Voici donc la rubrique « Le Jeudi, c’est citation ! » sur Modeste Préface.

Il y aurait tellement à rapporter ici que je vais me contenter de vous faire profiter d’une citation trouvée il y a quelques instants dans le très beau livre de Mathias Enard « Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants ».

« Michel-Ange n’a pas d’idée »

Quand je parlerai de ce livre, je vous en donnerai bien d’autres, bien plus belles, plus recherchées, plus poétiques, plus… mais en attendant, je trouve que cette phrase frôle l’oxymore. Et j’aime bien !

A jeudi prochain !

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Un rendez-vous à ne pas manquer : Place aux Livres ! 5-7 novembre – Lyon

Chaque année, le salon du Livre de Lyon baptisé « Place aux Livres ! », est un rituel que j’affectionne particulièrement. Il se tient toujours début novembre et cette année il aura lieu du 5 au 7 novembre, de 10h à 19h00, place Bellecour (ou sous la queue du cheval pour les lyonnais pur beurre !).

L’année dernière, j’avais été réellement séduite par le contact avec ces auteurs, comme vous et moi, qui se sont lancés et qui vous présentent leur livre : waou ! Quelle classe ! On peut leur faire dédicacer l’ouvrage et rendre encore plus vivante cette découverte littéraire. J’avais aussi aimé les nombreux illustrateurs et auteurs de livres pour enfants que l’on peut regarder créer sous nos yeux.

J’espère juste que cette année le chapiteau sera plus grand et que la circulation sera plus aisée…. Ainsi que le passage en caisse d’ailleurs ! Mais c’est un détail… En parallèle du salon, il y a beaucoup de conférences et de thématiques abordées. Cette année, les organisateurs ont choisi le thème : »Ici et ailleurs »

Place aux Livres c’est :
 – un chapiteau de 2000m² entièrement consacré au livre
– plus de 30 000 ouvrages proposés
– plus de 100 séances de dédicace par jour
– des conférences et des animations autour d’un thème faisant le lien entre le livre et l’actualité.

Place aux Livres a également l’ambition de faire une place importante aux maisons d’éditions indépendantes de France : elles sont nombreuses et peu visibles malheureusement. Une occasion supplémentaires de leur donner un coup de pouce et, je vous le souhaite, de découvrir une pépite !

Et enfin, une initiative sympathique pour permettre l’accès de tous à la lecture : pendant le salon, vous pouvez donner vos livres : ceux que vous avez en double, ceux que vous n’avez pas aimé, ceux que vous avez dévoré… Peu importe ! Juste un petit geste pour permettre à un inconnu de s’évader quelques heures !

J’espère qu’avec tous ces éléments, vous aurez envie de faire un petit tour sur ce salon du Livre de Lyon !

http://www.salonlivrelyon.com/

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Made in China – JM Erre

Un petit livre bien sympathique que j’avais repéré dans la rubrique « Lectures de l’été » mais que j’ai ouvert uniquement fin septembre. De quoi prolonger un peu les vacances et adoucir une rentrée bien chargée.

Pourtant, ce n’était pas gagné puisque le thème central de ce livre est l’adoption… Une thématique que je trouve plutôt sérieuse et rarement comique, et qui résonne en moi de façon particulière.
En fait, notre héros entreprend un vrai voyage initiatique, à la manière des héros antiques. Il est juste transposé dans notre monde moderne, impitoyable, mondialisé, perverti…

Il y a un second degré de lecture, encore plus drôle que les péripéties du héros : celui de l’auteur/narrateur qui joue avec nous, et pour notre plus grand plaisir. Il dévoile ses trucs et astuces, fait appel à de pseudos références littéraires… ça me rappelle vaguement Jacques le Fataliste de mon ami Diderot. Je dis « vague » uniquement parce que j’ai du lire ce livre il y a dix ans, et j’ai peur de faire une erreur (et non, je ne le relirai pas dans la nuit).

En plus, JM Erre rajoute des interpellations qui se rapprochent peut-être plus de la télé réalité et de l’interactivité dans laquelle nous baignons toujours plus : si vous souhaitez connaitre la fin tout de suite, aller à la page 124, si vous souhaitez savoir ce qui se passe le lendemain » tapez 1, 2 ou 3… bon, c’est presque ça, vous avez compris !

Malgré ce double niveau de lecture et des situations de vrai burlesque, l’auteur aborde de vraies et profondes questions existentielles et nous met face à des personnages qui sont juste imparfaits. J’ai été incapable de m’attacher au héros principal (qui est d’ailleurs peut-être plus un anti-héros…)  mais garde une image forte de cette galerie de personnages parfaitement croqués !

4e de couv

Toussaint Legoupil est préoccupé par le mystère de sa naissance. Il est persuadé de ne pas être comme les autres. Quelle a pu être la réaction de ses parents en le découvrant à l’orphelinat de Chengdu? Mado et Léon croyaient rentrer en France avec un petit Asiatique et Toussaint apparaît. Or il n’a rien d’un Asiatique. Toussaint est noir. Toussaint est un Chinois noir. Et il veut savoir pourquoi.

A propos de l’auteur

J.M. Erre vit à Montpellier et enseigne le français dans un lycée à Sète. Il est également l’auteur de Prenez soin du chien, roman qui a connu un vif succès de bouche à oreille, disponible en Points.

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