Archives mensuelles : septembre 2010

Ma femme de ta vie – Carla Guelfenbein

Comme son nom de l’indique pas, Carla Guelfenbein est chilienne. Née en 1959 à Santiago du Chili et exilée pendant onze ans en Allemagne, elle étudie la biologie et le dessin. De retour au Chili, elle travaille dans des agences de publicité et devient rédactrice en chef du magazine Elle. Ma femme de ta vie, paru en 2007, a été publié dans une douzaine de pays.

 Voilà pour les présentations.

 Maintenant, Ma femme de ta vie.

 Une histoire d’amour, mais surtout l’histoire d’une amitié entre trois personnages.

Une histoire de liens, entre Théo et Antonio. Antonio et Clara. Clara et Théo.

 Une poésie. Un drame. Des fragilités. Des sentiments, en somme.

 Evidemment, quand j’ai choisi ce livre, j’étais attirée par son titre et la promesse de 298 pages débordants de bons sentiments. Oui, souvent parfois, je suis faible.

 Mais j’ai trouvé plutôt 298 pages de questionnements. Sur les conséquences de nos choix. Et celles de nos absences de choix, pour toutes les bonnes raisons que l’on peut bien se donner, en toute bonne conscience. Toujours.

 298 pages de fragilités et d’imperfections, qui engendrent des échecs autant que des lueurs d’espoirs.

Voire le bonheur ?

 Pour choisir une seule citation dans ce livre (exercice difficile) :

« C’était une constatation pathétique, car je découvrais pour la première fois combien est trouble le tissu qui unit une personne à une autre, ce tissu que nous dissimulons sous des mots aussi mythologiques qu’amitié et amour »

 4e de couv

Ils sont deux amis, jeunes, beaux, idéalistes et désespérés, que Londres réunit dans les années 1980. Entre Theo, étudiant anglais en sociologie, et Antonio, auréolé de sa gloire d’exilé chilien, l’attraction est immédiate. Ils refont le monde au rythme des mélodies envoûtantes de Joan Baez ou Bob Marley ; l’engagement politique de l’un contre la dictature exacerbe la soif de liberté de l’autre – une liberté bridée par les austères années Thatcher. Ils sont frères d’armes, qui se sont juré une loyauté à la vie et à la mort. L’irruption de la belle Clara aura raison de leur promesse. S’ensuivent quinze ans de silence ; Theo court après ses chimères. Correspondant de guerre, il arpente camps de réfugiés et villes dévastées, quand, un jour, Antonio, devenu le mari de Clara, l’invite au Chili pour le mettre à nouveau face à face avec la femme de sa vie.

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Classé dans Coups de coeur, Littérature chilienne

Restée sur le quai de Ouistreham

Florence Aubenas, son visage sur nos monuments, la mobilisation générale, sa libération. Pour moi, comme vous aussi probablement, cette femme me parle, je sais qui elle est, ce qu’elle a fait et la journaliste qu’elle est.

Et puis, en 2010 son livre dans un univers bien éloigné de l’Afghanistan : la France, celle qui travaille et « se lève tôt », mais surtout la France invisible.

Celle qui ne reconnait pas Florence Aubenas, qui ne réagit pas à son nom ; un nom qu’elle n’a pas modifié pour l’expérience. Non, ils ne sont pas incultes ces gens là… Ils sont seulement écrasés par le poids des jours qui passent, de la galère, des 6 petits boulots à cumuler pour essayer de boucler le mois… Et encore…

Les promenades à Carrefour le samedi après-midi, la galère à Pole-Emploi, les cadences effrenées…

La vague impression que ces gens deviennent des machines, qu’ils ne font qu’un avec leur balai-brosse….

Ce livre m’a touché. Il m’a interrogé. Il m’a dérangé.

Le style journalistique de Florence Aubenas ne laisse aucune place à une quelconque mièvrerie. Au contraire, on est dans la description brute, précise. Presque chirurgicale de cette société qu’on ne voit pas. Je dis « on » parce que ce livre m’a fait prendre conscience que nous vivions dans une couche de la société, de plus en plus imperméable aux autres. Et certaines vies sont inimaginables…

4e de couv

 La crise. On ne parlait que de ça, mais sans savoir réellement qu’en dire, ni comment en prendre la mesure. Tout donnait l’impression d’un monde en train de s’écrouler. Et pourtant, autour de nous, les choses semblaient toujours à leur place. J’ai décidé de partir dans une ville française où je n’ai aucune attache, pour chercher anonymement du travail. J’ai loué une chambre meublée. Je ne suis revenue chez moi que deux fois, en coup de vent : j’avais trop à faire là-bas. J’ai conservé mon identité, mon nom, mes papiers, et je me suis inscrite au chômage avec un baccalauréat pour seul bagage. Je suis devenue blonde. Je n’ai plus quitté mes lunettes. Je n’ai touché aucune allocation. Il était convenu que je m’arrêterais le jour où ma recherche aboutirait, c’est-à-dire celui où je décrocherais un CDI. Ce livre raconte ma quête, qui a duré presque six mois, de février à juillet 2009. J’ai gardé ma chambre meublée. J’y suis retournée cet hiver écrire ce livre. « , Florence Aubenas.

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Classé dans Reportage / Société

La dame qui aimait les toilettes propres – J.P Donleavy

J’ai pensé faire une note brève pour parler de ce livre.

Son titre est intéressant, drôle, surprenant.

C’est tout.

 Mais c’est peut-être vraiment trop bref. Il faut que je trouve les mots pour expliquer pourquoi ce livre a été long à lire, malgré ses 138 pages.

Et m’en prendre uniquement à moi-même : j’ai un jour décidé d’acheter plusieurs livres uniquement parce que leurs titres me plaisaient… (et puis, il y avait un tableau de Botero sur la couverture, et j’ai un faible pour cet artiste)

L’imbécile jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus…

 L’histoire est finalement assez banale : celle d’une femme qui a tout, et qui petit à petit s’en trouve dépossédée. Divorce, arnaque financière…

 Jusqu’au jour où, en allant aux toilettes dans un établissement funéraire aux « toilettes divines » (mais ce sont des toilettes tout de même ! « divines » c’est un peu fort, non ?), la fortune lui sourit.

 Et voilà, c’est fini !

 Et le style… Parlons-en du style ! L’auteur coupe toutes ses phrases et j’ai vraiment eu un mal fou à trouver le rythme que l’auteur a voulu donner. D’ailleurs, je le cherche encore. Est-ce pour nous montrer que le personnage principal se trouve dans une spirale infernale ? Surement. Mais moi, je n’adhère pas.

 J’ai cherché des avis et critiques positives de ce livre pour voir… Mais je n’en ai pas trouvé.

Alors, ami lecteur, si tu le souhaites, je te prête ce livre (j’ai des principes, je ne donne pas un livre, je l’offre à la rigueur, mais le donner, ça non !) et je te laisse faire ta critique ici même.

 J’attends….

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Classé dans Déception, Littérature US

L’Ombre du vent – Carlos Ruis Zafon

Puisque je vais vous parler de L’ombre du vent, j’en profite pour inaugurer une nouvelle catégorie… Celle, très classique, des coups de cœur. Et en parallèle, je vais créer prochainement une rubrique « Déception », et je sais déjà que le livre que je peine actuellement à terminer sera nominé…

Mais en attendant, quelques mots sur L’ombre du vent. La blogosphère et la presse ont été plus qu’élogieux sur cet opus de l’espagnol Zafon, qui n’en est pas à son coup d’essai.

Avec L’ombre du Vent, on plonge dans la Barcelone du début XXe, guidés par un adolescent à qui il arrive, il faut bien l’admettre, des aventures totalement irréelles. Le talent de l’auteur est bien de nous entrainer dans un univers onirique et fantastique, tout en le teintant d’un réalisme perturbant. L’auteur ne nous épargne pas la description crue de la terreur franquiste. Ni celle de Barcelone, personnage central finalement.

J’ai été séduite par cet univers qui nous entraine dès le début dans un « cimetière des livres oubliés » : la porte ouverte à tous les possibles ! Les personnages sont hauts en couleurs, à la limite de la caricature, et je crois qu’il y a presque un peu de Tim Burton là dedans. Un univers, je vous le dis !

Je rejoins toutefois certaines critiques d’internautes qui ont été lassés par ces croisements de coïncidence qui finissent par ne plus en être, mais après tout, quelle importance !

Avant de conclure, cher ami lecteur, je partage avec toi cette citation :

Chaque livre a une âme. L’âme de celui qui l’a écrit, et l’âme de ceux qui l’ont lu, ont vécu et rêvé avec lui

4e de couv

Dans la Barcelone de l’après-guerre civile,  » ville des prodiges  » marquée par la défaite, la vie est difficile, les haines rôdent toujours. Par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon – Daniel Sempere, le narrateur – dans un lieu mystérieux du quartier gothique : le Cimetière des Livres Oubliés. L’enfant, qui rêve toujours de sa mère morte, est ainsi convié par son père, modeste boutiquier de livres d’occasion, à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y  » adopter  » un volume parmi des centaines de milliers. Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l’entraîner dans un labyrinthe d’aventures et de secrets  » enterrés dans l’âme de la ville  » : L’Ombre du Vent. Avec ce tableau historique, roman d’apprentissage évoquant les émois de l’adolescence, récit fantastique dans la pure tradition du Fantôme de l’Opéra ou du Maître et Marguerite, énigme où les mystères s’emboîtent comme des poupées russes, Carlos Ruiz Zafon mêle inextricablement la littérature et la vie.

A propos de l’auteur

Carlos Ruiz Zafón (né en 1964 à Barcelone) est un auteur espagnol. Ruíz Zafón écrit principalement en castillan. Il habite depuis 1993 à Los Angeles où il écrit des scénarios de films.

À l’âge de quatorze ans, Carlos Ruiz Zafon écrit son premier roman, une histoire de 500 pages. À dix-neuf ans, il choisit de commencer sa carrière dans la publicité, qu’il quitte pour se consacrer à son roman El principe de la niebla (Le Prince du brouillard, 1993) qui gagne le prix de la jeunesse d’Edebé en 2000.

Son quatrième roman, L’Ombre du vent a reçu un bon accueil de la critique et a été traduit en de nombreuses langues. Il a été sélectionné dans les romans étrangers pour le prix Femina 2004. Il a reçu aussi des prix littéraires français, comme le Prix des Amis du Scribe et le Prix Michelet en 2005, ainsi qu’au Québec, comme le Prix des libraires du Québec 2005 (Roman hors Québec).

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Classé dans Coups de coeur, Littérature espagnole

La colère des aubergines – Bulbul Sharma

Ou comment j’ai découvert l’existence de la littérature culinaire.

C’est très simple en fait, vous prenez une pincée de nouvelles courtes et distrayantes.

Vous ajoutez des personnages sur un marché, autour d’une table ou pendant un repas de fête.

Vous laissez reposer et finissez chaque nouvelles par quelques recettes appétissantes….

Et la mayonnaise… elle prend !

Bon par contre, moi je lis dans le bus ou dans mon lit, alors je n’ai pas toujours tous les ingrédients sous la main.

D’autant que La colère des aubergines est un recueil de littérature indienne : Dépaysement et papilles qui frétillent.

C’est une belle découverte que j’ai fait et que je recommande. Je suppose que lorsqu’on est déjà allé fouler la terre indienne, on doit se remémorer quelques situations pittoresques et hautes en couleur.

Pour ma part, en attendant d’aller un jour visiter le Taj Mahal, je cherche désespérément un vrai bon restaurant indien à Lyon !

4e de couv

Qui meurt dîne, La Colère des aubergines, Folie de champignons, Festin pour un homme mort… : quelques titres de ces récits donnent un avant-goût de leur saveur. Les histoires racontées, pleines d’odeurs de cuisine, puissamment évocatrices des rapports et des conflits entre les membres d’une maisonnée indienne, soulignent bien sûr le rôle déterminant qu’y jouent la nourriture et celles qui la préparent. Des femmes croquées sur le vif y livrent des instants de bonheur, des secrets de famille, d’amour, d’enfance qui ont parfois la violence du désir ou l’amertume de la jalousie. Mais les véritables héroïnes sont ces recettes qu’il s’agisse de confectionner un pickle de mangue, un gâteau de carottes ou un curry d’aubergines au yaourt, le lecteur goûtera, du palais et de la langue, l’alchimie des aromates indiens.

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Classé dans Littérature indienne