Archives mensuelles : novembre 2008

Dans l’enfer des tournantes de Samira Bellil

Comment vous expliquer ce que j’ai ressenti tout le long de ce bouleversant témoignage… Une criture crue, des descriptions qui ne masquent pas la violence des 14 années de Samira après les viols à répétition qu’elle a enduré. La violence aussi de son entourage proche qui rejette au lieu de consoler ; la violence d’un monde où une femme, une très jeune fille, n’est qu’un objet sans importance.

Je vous conseille vivement de lire cet ouvrage. Je ne vous en dirai d’ailleurs pas plus tant mes mots seraient fades par rapports aux siens.

Je vous parlerai juste d’un passage qui m’a choqué : c’est celui où elle raconte que l’agresseur qu’elle recroise dans le RER la tabasse alors que le wagon est bondé… Personne ne bouge… Cet egoïsme, pourtant si  commun, m’a glacé le sang… Je pourrai parler de tant d’autres choses qui m’ont choqué… Mais je m’arrête là…

Je veux juste lui tirer mon chapeau, lui dire combien son parcours et sa volonté forcent mon admiration.

 En faisant quelques recherches complémentaires, j’ai appris que Samira Bellil était décédée des suites d’une maladie grave en 2004 (son livre date de 2002)…

 A propos de l’auteur

Samira Bellil est une rescapée. Adolescente, elle a été victime de plusieurs viols collectifs que l’on nomme aujourd’hui des  » tournantes « . Rongées par la culpabilité et le dégoût, détruite par l’ostracisme de sa famille et les rumeurs dans son quartier, elle se réfugie dans la drogue et l’alcool. Son témoignage coup de poing dévoile la violence sexuelle qui s’est instituée et banalisée dans des cités et des banlieues où tout se réduit à des rapports de forces et de domination. Dans un tel environnement, la torture que subissent les filles est non seulement physique mais également morale : réputation brisée, honte et humiliation sont leur lot quotidien. Ce livre, qui intervient au terme d’une longue thérapie, est pour elle le moyen de laisser une trace de son histoire et de venir en aide à ses  » frangines « , victimes, comme elle, du pire des crimes. Pour briser la loi du silence.

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Classé dans Reportage / Société

Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil, Haruld Murakami

Ce titre à lui seul est une promesse. Comme l’ensemble du livre d’ailleurs.

Haruki Murakami nous fait partager le cheminement d’un homme hanté par ses souvenirs. Celui d’une fillette dont il était amoureux quand il était petit et qu’il croise par hasard 20 ans après.

Sa vie bascule après cette rencontre mais ne l’a-t-il pas rêvée ? Ce livre s’achève en me laissant une impression d’inachevée mais c’est une petite perle que j’ai découvert par le plus grand des hasards !

Je voulais découvrir une autre littérature, d’autres auteurs ; j’ai lu sur d’autres sites que des lecteurs assidus de Murakami avait été un peu déçus par cet ouvrage et qu’ils préféraient les précédents : Je verrai au prochain alors !

La 4e de couv

Célébré dès les années quatre-vingt comme une pop star littéraire au Japon, considéré comme l’un des plus grands noms de la littérature japonaise contemporaine, Haruki Murakami est devenu un auteur culte dans le monde entier. En tissant le destin d’un homme désenchanté pris dans les rets d’une étrange passion, il signe un roman plus intimiste, une oeuvre de maturité. À douze ans, Hajime rencontre Shimamoto-san, sa petite voisine. Avec elle, il découvre la musique, les sourires complices, les premiers frissons sensuels… Et puis celle-ci déménage, laissant à son ami le goût amer de l’abandon. Lorsque, trente ans plus tard, elle réapparaît, Hajime, rongé par le désir et la nostalgie, est envoûté par cette femme énigmatique, reflet de ses rêves perdus. Mais sous les traits délicats du visage de Shimamoto-san se cachent la souffrance, la folie et la destruction. Conte moderne dont émane un érotisme discret mais obsédant, ce roman, servi par une écriture d’une formidable densité, entraîne le lecteur au coeur des contradictions de héros en quête d’un inaccessible absolu

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Classé dans Coups de coeur, Littérature japonaise